(belgique)Par Saméra Ait Elbaz
Le Conseil de sécurité des Nations unies n'a adopté aucun des deux projets de résolution soumis à son vote le 30 octobre. Le texte américain a obtenu 11 voix pour, une contre et trois abstentions, mais la Russie lui a opposé son veto. Le contre-projet de Moscou, qui reconduisait la MINURSO sans rien changer, n'a recueilli que trois voix, avec onze abstentions et un vote contre, celui des États-Unis. La mission onusienne déployée au Sahara depuis 1991 voit son mandat expirer le 31 octobre sans texte de remplacement.
Ce que proposait Washington
Le projet américain prolongeait la logique de la résolution 2797. Adoptée le 31 octobre 2025, celle-ci avait prorogé le mandat de la MINURSO d'un an et soutenu les négociations sur la base de l'initiative marocaine d'autonomie. Le nouveau texte reconduisait la mission jusqu'au 31 octobre 2027 et la rebaptisait « Mission des Nations unies au Sahara occidental », en supprimant le mot « référendum ». Ce référendum d'autodétermination, prévu à l'origine, n'a jamais eu lieu faute d'accord entre les parties sur ses modalités.
Un blocage, pas un recul
Le vote ne remet pas en cause les acquis des dernières années. Le plan d'autonomie présenté par le Maroc en 2007 est devenu la base de référence des discussions à l'ONU, et le soutien dont il bénéficie s'est élargi. Le Royaume-Uni, par exemple, le qualifie depuis juin 2025 de base « la plus crédible, viable et pragmatique » pour un règlement durable. Après le vote, sa représentante a exprimé la « profonde déception » de son pays face au veto russe.
Mais le scrutin rappelle qu'un large soutien ne suffit pas à lever les réserves d'un membre permanent. Les partenaires du Maroc n'emploient pas tous la même formulation, et beaucoup continuent de citer le cadre onusien et le principe d'autodétermination.
Les oppositions restent vives
Alger et le Polisario se sont mobilisés contre le texte américain. Le Polisario avait menacé, le 22 octobre, de quitter le processus de paix si le projet était adopté sans modifications substantielles. Cette position reste un facteur d'incertitude pour la suite.
Et maintenant ?
Le mandat de la MINURSO expire sans texte de remplacement. Cela ne signifie pas un retrait automatique, puisque l'expiration d'un mandat n'est pas, à elle seule, un calendrier de retrait. Mais la base juridique des opérations de la mission, notamment le suivi du cessez-le-feu et le déminage, devient incertaine. Le Conseil devra trancher explicitement entre prolongation, transformation ou retrait. Le représentant américain s'est dit prêt à accompagner une réduction ordonnée de la présence onusienne.
Pour Rabat, l'enjeu est de préserver la dynamique ouverte par la résolution 2797 et le soutien de ses partenaires, tout en cherchant avec Washington un nouveau texte capable de passer. L'avenir de la présence de l'ONU sur le terrain dépendra de la capacité des membres du Conseil à dépasser un affrontement entre grandes puissances.
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